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L'Aubrac vu par Henri Pourrat


L'Aubrac, on y est dans l'air. Jamais, je n'ai eu ailleurs un tel sentiment d'être au milieu de l'air. Je ne sais pas : c'est sans doute ses longs pacages nus, et pas un arbre, à peine de loin en loin de curieux hérissons de basalte : des bandes de montagnes et des bandes de vaches qui vaquent sans chiens entre d'interminables cordons de pierres grises ; des vaches d'un blond quelque peu âcre de gentiane et de silex et qui, avec leurs grands yeux charbonnés de mauvaises femmes, ont plus de regard que les autres vaches.....C'est cela, et puis surtout ce cristal, ce goût de vent, d'herbes amères, d'eau de neiges, un goût d'espace...Oui, ses clartés, ses solitudes ....et ses rivières pavées où l'eau glacée des truites court sur des hexagones de basalte....Difficile de dire....Mais l'Aubrac ! Ah ! L'Aubrac ! (Henri Pourrat)